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Ayant
connu l'Institut des Sœurs Disciples du Divin Maître à travers la revue
Vita pastorale qu'il recevait depuis 1929, mon curé m'en parla parce qu'il
connaissait mon désir de vie religieuse plus retirée et de dévotion
eucharistique.
Je me souviens
qu'à Cagliari, il y avait déjà les Filles de Saint Paul, et parmi elles, une
Sœur Disciple du nom de S. M. Alfonsa Marello. Les Filles essayaient de me
convaincre d'entrer chez elles, mais S. M. Alfonsa m'avait bien informée que
les Sœurs Disciples portaient un long chapelet et faisaient l'adoration. Elle
me re-commandait de toujours dire que c'était avec elles que je voulais aller.
Mon curé me
dit plusieurs fois : à cause de ton penchant, toi, tu n'iras pas chez les
Filles de Saint Paul, les Sœurs de la Bonne Presse, mais chez les Sœurs de
l'Adoration.
Et je priais
pour que ce jour arrive bientôt.
Je suis
arrivée à la Maison mère des Sœurs Disciples le 12 juillet 1929.
On me fit
accompagner à Rome par le Primo Maestro qu'on nommait alors le Théologien.
Déjà à ce moment, dès que je l'ai rencontré, j'ai eu l'impression de voir
Jésus; ou du moins, un saint authentique, très paternel, mais grave et un peu
austère.
Il ne permit
pas que je baise sa main alors que j'allais le faire, et il me dit : "Sois
bonne", et il la retira.
Arrivés à la
gare d'Alba, il prit ma valise la plus pesante et me laissa la moins lourde en
me disant avec perspicacité : "Maintenant, je te précède et tu me suivras…, et
cela jusqu'au parloir des Sœurs Disciples où il m'accompagna et me confia à
M.M. Scolastica.
Ma première
impression fut l'admiration immédiate pour ces Sœurs vêtues de bleu, en
adoration dans la chapelle, devant le Saint Sacrement. En effet, ce fut
seulement l'Adoration qui me décida de partir de si loin sans rien connaître,
et que les Sœurs Disciples se consumaient comme des cierges allumés devant
Jésus présent dans l'Eucharistie. C'est ce que j'avais trouvé.
Les
souffrances du détachement et l'inconvénient du changement ont disparu. Je me
suis trouvée à ma place.
Après deux
ans, ce fut le noviciat en 1933.
Je me souviens
de quelques mois passés à Saint Paul, Maison Divin Maître; puis à Borgo
Piave où nous étions les premières à occuper cette maison qui n'avait encore
ni portes ni fenêtres - et l'hiver, avec le froid, le gel et mes engelures,
je ne parvenais pas à me réchauffer puisque nous étions plus ou moins
couvertes. En préparation à la Profession, c'étaient les Exercices
spirituels le jour, et l'Adoration la nuit.
Que de prière
et de force divine il y avait parmi les Sœurs Disciples!
Ouverture du
premier Centre liturgique en 1938. À Messine, nous avions prélevé de l'argent
sur un magasin d'objets religieux d'un certain monsieur Guardione. Le Primo
Maestro était venu le voir et il nous avait exhortées à le prendre parce qu'il
aurait constitué le "bonum Familiae" des Sœurs Disciples. Cependant, en dedans
de l'année, nous devions payer le loyer, le capital, les intérêts, etc. La
chose semblait impossible, mais notre foi dans le Primo Maestro - on disait :
le Primo Maestro l'a dit, ça suffit - fut ainsi récompensée et tout fut payé.
Puis en 1941,
le Primo Maestro m'appela à Rome pour le Centre liturgique. C'est lui qui a
accompagné et guidé nos premiers pas, alors que nous étions encore si petites
et sans expérience dans tout ce nouvel apostolat.
(21 mai
1963)
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